Ellen G. White Writings

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Patriarches et Prophètes, Page 158

Les promesses faites à Abraham et confirmées à son fils, promesses qui faisaient pour Isaac et Rébecca l’objet suprême de leurs vœux et de leurs espérances, étaient connues d’Ésaü et de Jacob. Le droit d’aînesse leur avait été présenté comme un précieux apanage conférant non seulement une richesse temporelle, mais une primauté spirituelle. Celui à qui il sera dévolu deviendra, leur avait-on dit, le prêtre de sa famille et l’ancêtre du Rédempteur promis. Mais la possession du droit d’aînesse comporte certaines obligations. Celui qui en sera le bénéficiaire devra consacrer sa vie au service de Dieu. A l’instar d’Abraham, il sera soumis aux ordres de l’Eternel et lui obéira en ce qui concerne son mariage, ses relations familiales et sa vie publique.

En faisant connaître ces privilèges et ces conditions à ses fils, Isaac avait annoncé que c’était à Ésaü, en sa qualité de fils aîné, que revenait le droit d’aînesse. Mais celui-ci n’avait ni goût pour la piété, ni inclination vers une vie religieuse. Les exigences attachées au droit d’aînesse spirituel lui semblaient une entrave désagréable et même irritante. La loi de Dieu, qui constituait la base de l’alliance avec Abraham, lui apparaissait comme un joug de servitude. Résolu à suivre ses penchants et à vivre à sa guise, il mettait son bonheur à être riche et puissant, et son plaisir dans les festins et les réjouissances. Pour lui, rien n’égalait la vie émancipée, vagabonde et aventureuse.

Rébecca, qui n’oubliait pas les paroles de l’ange, jugeait de la chose avec plus de discernement que son mari. Elle était persuadée que l’héritage dont parlait la promesse de Dieu était réservé à Jacob. Mais elle avait beau répéter à Isaac les paroles célestes, celui-ci, dans son affection pour le fils aîné, demeurait inébranlable.

Instruit par sa mère, le fils cadet avait connaissance de la révélation divine qui lui attribuait le droit d’aînesse et il désirait vivement en posséder les ineffables privilèges. Ce n’étaient pas les richesses temporelles qu’il convoitait, mais les bénédictions spirituelles: communier avec Dieu comme Abraham, le juste; présenter au nom de sa famille le sacrifice expiatoire; devenir l’ancêtre du peuple élu et du Messie promis; posséder l’immortel héritage. En un mot, goûter les prérogatives et les honneurs compris dans l’alliance avec Dieu.

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