Ellen G. White Writings

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Patriarches et Prophètes, Page 174

rappelle sa vision de Béthel, Jacob tressaille de joie: les divins messagers qui l’avaient réconforté lors de sa fuite sont maintenant les protecteurs de sa rentrée dans son pays. Il s’écrie: “C’est ici le camp de Dieu! ... et il donne à ce lieu le nom de Mahanaïm”, les deux camps.(1)Voir Genèse 32.

Néanmoins, Jacob comprend qu’il a, de son côté, quelque chose à faire pour assurer sa sécurité. Une mesure conciliatoire s’impose. A cet effet, il envoie à Ésaü deux de ses hommes porteurs d’un message dont il dicte les termes. Et, pour effacer de l’esprit de son frère toute amertume pouvant résulter de la prédiction annonçant que l’aîné des deux frères sera soumis au cadet, Jacob l’intitule “mon seigneur Ésaü” et se nomme lui-même “ton serviteur Jacob”. D’autre part, pour le tranquilliser au sujet de l’héritage paternel, il a soin d’ajouter: “J’ai des bœufs et des ânes, des brebis, des serviteurs et des servantes: j’envoie l’annoncer à mon seigneur, afin de trouver grâce à tes yeux.”

Les messagers reviennent avec la nouvelle qu’Ésaü n’a fait aucune réponse à la démarche amicale de son frère et qu’il n’est pas loin d’arriver lui-même, accompagné de quatre cents hommes. En proie à “une grande frayeur, et rempli d’angoisse”, Jacob comprend que le jour de la vengeance d’Ésaü est venu. La terreur se répand dans son camp. Retourner sur ses pas est impossible; aller de l’avant serait insensé. Son personnel sans armes, sans défense, n’est nullement préparé à offrir une résistance. Par précaution, il partage son camp en deux bandes, en sorte que si l’une est attaquée, l’autre puisse échapper. Puis, prélevant sur ses vastes troupeaux un don magnifique, il l’envoie à Ésaü accompagné d’un second message amical.

Maintenant qu’il a fait tout ce qui dépend de lui pour expier ses torts et conjurer le danger qui le menace, humblement repentant, Jacob se réclame de la protection divine et fait cette prière touchante: “O Éternel, tu m’as dit: Retourne dans ton pays, au lieu de ta naissance, et je te ferai du bien! Je suis trop petit pour toutes les faveurs et pour toute la fidélité dont tu as usé envers ton serviteur; car j’ai passé le Jourdain avec mon bâton, et maintenant, j’ai pu former deux troupes. Délivre-moi, je te prie, de la main de mon frère, de la main d’Ésaü, car je crains qu’il ne vienne me frapper, ainsi que la mère et les enfants.”

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