Ellen G. White Writings

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Patriarches et Prophètes, Page 184

de sa vie longue et agitée, Jacob ne trouve à rappeler au plus aimé de ses fils que la perte de sa mère.

En mourant, Rachel avait donné naissance à un fils. Au moment d’expirer, elle l’avait nommé Bennoni, c’est-à-dire “fils de ma douleur”, mais son père l’appela Benjamin, “fils de ma main droite” ou “de ma force”. Pour perpétuer la mémoire de Rachel, on érigea un monument sur son sépulcre. Sur le chemin d’Éphrata, la famille de Jacob fut assombrie par un hideux péché qui priva Ruben, le premier-né, des privilèges et des honneurs du droit d’aînesse.

Atteignant enfin le terme de son voyage, “Jacob arriva auprès d’Isaac, son père, à Mamré, la ville d’Arba, appelée aujourd’hui Hébron, où avait séjourné Abraham”.(7)Genèse 35:27. Jacob y resta jusqu’à la mort de son père. Les tendres attentions de ce fils si longtemps absent furent une grande consolation pour Isaac, endeuillé, infirme, aveugle et solitaire.

Jacob et Ésaü se rencontrèrent encore une fois à l’occasion de la mort de leur père. Le fils aîné avait attendu ce moment pour se venger. Mais ses sentiments s’étaient bien modifiés. De son côté, Jacob, plus que comblé par les bénédictions spirituelles du droit d’aînesse, abandonna à son frère les richesses d’Isaac, le seul héritage qui intéressât Ésaü. Quant à lui, en plus des biens supérieurs qu’il avait ambitionnés, Dieu, dans sa munificence, lui avait accordé une opulence considérable. Ni la jalousie ni la haine ne séparaient plus désormais les deux frères. Ils se quittèrent pourtant.

“En effet, leurs biens étaient trop grands pour qu’il leur fût possible de demeurer ensemble, et le pays où ils séjournaient ne pouvait plus leur suffire à cause de leurs troupeaux.”(8)Genèse 36:7. D’ailleurs, cette séparation était conforme au dessein de Dieu concernant Jacob. La différence entre les deux frères au point de vue religieux était si grande qu’il valait mieux qu’ils fussent éloignés l’un de l’autre. Ésaü et Jacob avaient été également instruits dans la connaissance de Dieu. Tous deux avaient eu la liberté de marcher selon ses commandements et de recevoir sa faveur. Mais ils avaient pris des voies différentes, et leurs sentiers allaient s’écarter de plus en plus.

Ce n’est pas en vertu d’un acte arbitraire de la part de Dieu qu’Ésaü fut exclu des bienfaits du salut. Le don de la grâce qui est en Jésus-Christ est offert gratuitement à tous les hommes. Il n’y a d’élection pour la perdition que celle qu’on choisit soi-même. Dans

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