Ellen G. White Writings

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Patriarches et Prophètes, Page 176

prévalut sur la Majesté du ciel. De sa main tremblante, il avait saisi les promesses de Dieu, et le cœur de celui qui est l’amour infini n’avait pu repousser l’appel du suppliant. Jacob voit maintenant se dévoiler tout entière devant lui la gravité de la ruse qui lui a fait obtenir le droit d’aînesse. Faute d’avoir eu confiance en Dieu, il avait voulu accomplir, par ses propres moyens, une promesse que Dieu se réservait de réaliser en son temps et à sa manière. Pour lui donner l’assurance du pardon, son nom, qui lui rappelait son péché, fut remplacé par un autre qui devait éterniser sa victoire. “Ton nom, lui dit l’ange, ne sera plus Jacob, mais Israël [vainqueur, prince de Dieu], car tu as lutté avec Dieu et avec les hommes, et tu as vaincu.”(4)Genèse 32:28.

Jacob reçoit alors la bénédiction après laquelle il a tant soupiré. Le péché qui avait fait de lui un “supplanteur”, est pardonné. La crise de sa vie est passée. Le doute, l’angoisse et les remords qui ont assombri son existence font alors place à la douce paix qui découle de sa réconciliation avec le Très-Haut. Il ne craint plus de rencontrer son frère. Le Dieu qui lui a pardonné peut aussi toucher le cœur d’Ésaü et l’amener à s’incliner devant son repentir.

Tandis que Jacob luttait avec l’ange, un autre messager céleste était envoyé à Ésaü. En songe, ce dernier avait vu son frère rentrant, après vingt années d’exil, au foyer paternel et se courbant dans un indicible chagrin devant la tombe de sa mère. Dans ce même songe, Ésaü avait vu le camp de Jacob entouré d’une armée céleste. Il raconta cette vision à ses guerriers et donna l’ordre formel de ne faire aucun mal à son frère, celui-ci étant sous la protection divine.

Les deux convois finissent par se rapprocher. D’un côté, le chasseur des déserts marche à la tête de sa troupe. De l’autre, on voit Jacob, ses femmes et leurs enfants entourés de bergers et de servantes et suivis d’innombrables troupeaux. Ouvrant la marche, infirme et appuyé sur un bâton, Jacob avance péniblement, portant encore sur son visage les traces d’un combat mystérieux, mais les traits illuminés de paix et de joie.

A la vue de l’invalide, “Ésaü courut à sa rencontre, l’embrassa, se jeta à son cou, et le couvrit de baisers; et ils pleurèrent”.(5)Genèse 33:4. En contemplant cette scène, les rudes guerriers d’Ésaü, le cœur ému, se demandent ce que signifie le changement étrange survenu chez leur capitaine. Ils se doutent peu, à la vue de Jacob impotent, que sa faiblesse même a été sa force.

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