Ellen G. White Writings

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Patriarches et Prophètes, Page 68

renommés pour leur sagesse, et dont les ouvrages admirables faisaient l’étonnement de leurs contemporains, n’étaient pas moins notoires par leur dérèglement que par leur génie.

Les dons magnifiques dont Dieu avait gratifié les antédiluviens ne servaient qu’à leur gloire personnelle. Appréciés pour eux-mêmes et sans égard au donateur, ces bienfaits se transformaient en malédiction. L’or, l’argent, les pierres et les bois fins entraient dans la construction de résidences somptueuses où chacun cherchait à éclipser son voisin. L’homme ne visait qu’à satisfaire son orgueil. La vie s’écoulait dans le divertissement et le crime. De l’indifférence envers Dieu, on était bien vite venu à nier son existence. La nature était adorée à la place du Dieu de la nature. On encensait le génie humain, on glorifiait ses ouvrages et on apprenait aux enfants à se prosterner devant des images taillées.

C’était sur de vertes pelouses, à l’ombre d’arbres vénérables ou en de vastes bosquets au feuillage toujours vert, qu’on érigeait les autels des faux dieux. Ces bosquets étaient entourés de jardins somptueux où s’étalaient des avenues bordées d’arbres fruitiers de toutes les variétés, ornées de statues et agrémentées de tout ce qui pouvait plaire aux sens, satisfaire la volupté et entraîner à l’idolâtrie.

En bannissant Dieu de leurs pensées et en adorant les œuvres de leur imagination, les hommes devenaient de plus en plus terre à terre. “Ceux qui les fabriquent, dit le Psalmiste, et tous ceux qui se confient en elles, leur deviendront semblables.”(1)Psaumes 115:8. Une loi de l’esprit humain veut que l’on se transforme à l’image de ce que l’on contemple. L’homme ne s’élève pas plus haut que ses conceptions de la vertu. En attribuant à leurs faux dieux les vices et les passions humaines, l’idéal de ces idolâtres s’abaissait de plus en plus.

“L’Éternel vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre, et que toutes les pensées de son cœur étaient chaque jour dirigées vers le mal. ... La terre s’était corrompue devant Dieu, et elle était remplie de crimes.”(2)Genèse 6:5, 11. La loi que Dieu avait donnée aux hommes comme règle de conduite était violée, et tous les forfaits imaginables étaient à l’ordre du jour. L’iniquité abondait, la justice était foulée aux pieds, et les cris des opprimés parvenaient jusqu’au ciel. Au sein de la dépravation générale, Méthusélah, Noé et d’autres s’efforçaient en vain de conserver la connaissance du vrai Dieu et d’endiguer la marée du mal.

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