Ellen G. White Writings

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Patriarches et Prophètes, Page 97

Durant un certain temps, les descendants de Noé continuèrent à résider dans les montagnes où l’arche s’était arrêtée. Mais quand ils commencèrent à se multiplier, l’apostasie les sépara. Incommodés par les exhortations et l’exemple des adorateurs de Dieu, et désirant s’affranchir des restrictions de sa loi, ils prirent finalement la décision de partir ailleurs. Se dirigeant vers les plaines de Sinéar arrosées par l’Euphrate, et charmés par la beauté du site et la fertilité du sol, ils résolurent de s’y fixer. Au projet qu’ils conçurent de bâtir une ville, ils ajoutèrent celui de construire une tour dont la hauteur fabuleuse ferait l’admiration du monde. Cette double entreprise avait pour but d’éviter de se séparer en colonies, contrairement à l’ordre de Dieu de se disperser sur la face de la terre, de la remplir et de la soumettre. Les fondateurs de Babel entendaient se maintenir en une seule communauté et fonder une monarchie qui embrasserait un jour la terre tout entière. Leur cité deviendrait ainsi la métropole d’un empire universel. Sa gloire devait être la merveille du monde, et les noms de ses fondateurs passeraient à la postérité. De même, la tour, dont le sommet atteindrait jusqu’au ciel, serait un monument de la sagesse et du génie de ses constructeurs, et perpétuerait leur réputation jusqu’aux dernières générations.

Les habitants de la plaine de Sinéar ne croyaient pas à la promesse divine annonçant qu’on ne verrait plus de déluge. Un grand nombre d’entre eux niaient même l’existence de Dieu et attribuaient cette catastrophe à des causes naturelles. D’autres croyaient à un Être suprême, mais semblables à Caïn, ils se révoltaient contre lui. En donnant à cette construction une hauteur plus élevée que la limite atteinte par la récente catastrophe, ils pensaient se mettre à l’abri de tout danger. En outre, la grandeur de la tour allait leur permettre de monter jusqu’à la région des nuages, où ils espéraient découvrir les causes du cataclysme. En un mot, toute cette entreprise avait pour but de satisfaire l’orgueil de ses initiateurs et d’éteindre la connaissance de Dieu chez les générations futures.

L’œuvre étant presque achevée, les constructeurs s’y réservèrent des demeures particulières. Des salles, magnifiquement meublées et décorées, étaient affectées aux idoles. On se réjouissait du succès de l’entreprise, et on glorifiait les dieux d’or et d’argent. Le Maître du ciel et de la terre était méprisé. Soudain, l’ouvrage qui

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