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L'histoire de la Rédemption

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    Le règne de la peur

    L'Eglise du Christ vivait des jours périlleux. Les chrétiens fidèles à l'Evangile étaient peu nombreux. Certes, la vérité ne fut jamais totalement privée de témoins; mais parfois, l'erreur et la superstition parurent l'emporter au point que la vraie religion semblait avoir disparu de la terre. L'Evangile était perdu de vue, tandis qu'on multipliait les cérémonies religieuses et que le peuple était accablé d'exactions rigoureuses.HR 341.2

    Les croyants étaient exhortés non seulement à considérer le pape comme leur médiateur, mais aussi à compter sur leurs propres mérites pour expier leurs péchés. C'est par de longs pèlerinages, des pénitences, le culte des reliques, la construction d'églises ou d'autels et le don de fortes sommes d'argent qu'il fallait soi-disant apaiser la colère de Dieu ou obtenir sa faveur — comme si Dieu était semblable aux hommes, prêt à s'irriter pour des vétilles ou à se laisser attendrir par des cadeaux ou des pénitences!HR 341.3

    Au fil des siècles, les erreurs doctrinales se multipliaient dans l'Eglise romaine. Avant même l'établissement de la papauté, les théories de certains philosophes païens avaient commencé à susciter de l'intérêt dans l'Eglise et à y exercer une influence. De nombreux prétendus convertis restaient attachés aux enseignements de la philosophie païenne; ils ne se contentaient pas d'étudier ses enseignements, mais ils encourageaient leur entourage à faire de même afin d'avoir plus de crédit auprès des païens. C'est ainsi que de graves erreurs s'infiltrèrent dans la foi chrétienne, dont la principale est la croyance en l'immortalité naturelle de l'âme et en l'état conscient des morts. C'est sur ce fondement que Rome a construit le culte des saints et l'adoration de la vierge Marie. Cette doctrine fut aussi à l'origine de l'apparition rapide, dans l'Eglise romaine, de la croyance aux peines éternelles des réprouvés.HR 342.1

    Désormais, la voie était libre pour l'introduction d'une autre invention du paganisme, que l'Eglise romaine a appelée le purgatoire, et dont elle s'est servie pour terroriser les foules crédules et superstitieuses. Ceux qui croient en cette doctrine affirment que les âmes qui n'ont pas mérité la damnation éternelle doivent, avant d'être admises au ciel, être purifiées de leurs péchés dans un lieu de tourment.HR 342.2

    Mais il fallait une autre doctrine, également forgée de toutes pièces, pour que Rome puisse tirer profit de la peur et des vices de ses adhérents: celle des indulgences. L'entière rémission des péchés passés, présents et futurs, et l'exemption des peines et amendes imposées par l'Eglise, étaient promises à ceux qui prenaient part aux guerres soutenues par le pape en vue d'étendre son pouvoir temporel, de châtier ses ennemis ou d'exterminer ceux qui osaient contester sa suprématie spirituelle. On enseignait aussi que, moyennant une certaine somme d'argent versée dans le trésor de l'Eglise, on obtenait soit le pardon de ses propres péchés, soit la délivrance des âmes de personnes de connaissance qui souffraient dans les flammes du purgatoire. De cette façon, Rome s'enrichissait et finançait les dépenses entraînées par sa magnificence, son luxe et les vices des soi-disant représentants de Celui qui n'avait pas un lieu où reposer sa tête. Matthieu 8:20.HR 342.3

    L'ordonnance biblique de la sainte Cène instituée par notre Seigneur fut supplantée par le sacrifice idolâtre de la messe. Les prêtres soumis au pape prétendaient transformer le pain et le vin dans le vrai corps et le vrai sang du Christ. Ils avaient la prétention blasphématoire de pouvoir par là même “créer le Créateur”. Et tous les chrétiens étaient tenus, sous peine de mort, de souscrire à cette abominable hérésie. Ceux qui refusaient d'y croire étaient condamnés au bûcher.HR 343.1

    Le midi de la papauté coïncidait avec le minuit de l'humanité. Les saintes Ecritures étaient presque totalement inconnues, non seulement du peuple, mais aussi des prêtres. Comme autrefois les pharisiens, les membres du clergé haïssaient la lumière qui dévoilait leurs péchés. Après que la loi de Dieu, norme de la justice, eut été éliminée, ils pouvaient exercer le pouvoir de façon absolue et se livrer au vice sans retenue. La fraude, l'avarice et la dissolution régnaient. Pour obtenir des richesses ou pour accéder à un rang plus élevé, on ne reculait devant aucun crime. Les palais des papes et des prélats étaient le théâtre d'affreuses scènes de débauche. Certains pontifes commettaient des crimes si odieux que des souverains, les jugeant trop indignes du trône papal, tentèrent de les déposer. Pendant des siècles, l'Europe ne fit aucun progrès dans les sciences, les arts et la civilisation. Moralement et intellectuellement, la chrétienté était frappée de paralysie.HR 343.2

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